L'art roman en Languedoc 

Un peu d’histoire

 

Ce n’est que tardivement, au IIIième siècle , dans cette Septimanie où la civilisation romaine est déjà décadente, qu’apparaît le Christianisme. C’est au IVième siècle, que sont fondés les premiers sièges épiscopaux. Narbonne, Béziers, Lodève, Nîmes et Uzès.   Ensuite, ce sont les ténèbres des invasions barbares.  Au VIIIième siècle, commencent à se fonder monastères et abbayes. Mais la vie intellectuelle sommeille : plus d’écoles, plus de maîtres de grammaire, plus de bibliothèque, ni d’ateliers d’arts ou de copistes. C’est  la décadence et l’éparpillement du patrimoine que se disputent vicomtes, évêques, abbés ou châtelains.

Au XIième siècle, tout change. Les invasions ont cessé, on découvre l’irrigation (par l’intermédiaire de l’Espagne maure), la culture de la vigne  s’étend ainsi que celle de l’olivier. Les grands négoces se réveillent : le sel emprunte le « cami salinié », les épices arrivent d’Orient. Notons que le contact avec les pays orientaux n’a jamais cessé.  Nous sommes sur le passages des pèlerins qui vont à Compostelle, dans ce Moyen Age que nous avons du mal à imaginer, tout le monde a la bougeotte.

 

Tous les prétextes sont bons pour partir : pèlerinage, commerce.  C’est un foisonnement de races et de cultures où se côtoient les Chrétiens, les Juifs, les Arabes (ex : Montpellier).

 

L’art roman en Méditerranée

 

De ce foisonnement, les artistes romans vont tirer profit et  utiliser comme modèles les apports venus de tous les coins du monde.  Dans ce creuset, explosera au XIième et XIIième siècle la création architecturale romane dans ce Languedoc où la violence, la misère, la peur amènent les hommes à se rapprocher de Dieu En même temps, va s’étendre l’hérésie cathare, et les deux religions vont cohabiter en paix jusqu’à la croisade  qui va massacrer tout un peuple au nom d’un  dieu qui était censé prêcher la paix.

 

Les caractéristiques

 

C’est d’abord la manière de tailler et d’assembler les pierres. Le petit appareil plat et allongé est taillé sans polissage, un peu comme les murs de pierres de nos garrigues. Ce sont des successions de petites arcatures, plaquées au nu des murailles, qui retombent soit en culot soit sur un contrefort plat. Ces lésènes  ont souvent accompagnées d’une frise en dent de scie ou dent d’engrenage.

Voûtement  de pierre en berceau  plein cintre avec doubleaux sur tous les vaisseaux, aussi larges soient-ils.

Le tympan est la partie au dessus de la voussure souvent gravés à une époque plus tardive.

cami salinié 

Archivoltes : arc bandé sur les piles des nefs , sur les piedroits des portails, des porches des portes ou des fenêtres qui supportent la charge des murs.

On voit aussi, parfois, à la croisée des transepts, ces coupoles sur trompes qui se généraliseront au XIIième siècle. Puis, au portail comme à l’arc triomphal et aux fenêtres, des arcs légèrement surhaussés reposent sur des chapiteaux cubiques souvent gravés.

La caractéristique  la plus flagrante du premier art roman se situe au niveau des arcs des portes et fenêtres dont les pierres des cintres sont placées bout à bout ne formant ainsi qu’une courbe imparfaite et les claveaux vont en s’amincissant aux extrémités.

Pendant la période du XIième siècle, les sculptures sont totalement absentes des chapelles et des abbayes.

 Mais dès la fin du XIième siècle, fait son apparition le second art roman qui va utiliser des matériaux plus tendres  et au grain plus fin. De cette époque datent tout d’abord les églises fortifiées pour protéger la population des dangers venus de la mer : c’est Maguelone, Vic La Gardiole, Agde.